Joannie Verreault s’intéresse à la relativité présente entre l’image et la réalité. Un univers de perceptions et de malaises empreint d’un souffle de féminisme et de sournoises subtilités.

Elle travaille la photographie, alliant celle-ci à diverses techniques. Chaque série s’élabore autour d’un concept, hybride entre la vision de l’artiste, son vécu ou celui d’une minorité. Un langage qui permet de dire, de montrer et d’appuyer le verbe là où il fait défaut, afin de poursuivre une réflexion critique sur le quotidien et ses déclinaisons.

La série Ces lieux sombres est une exploration de la mémoire. Elle étudie l’évolution d’un souvenir en fonction des évènements qu’il traverse et cherche à mettre en lumière l’étroitesse du lien entre la mémoire individuelle et collective. Ce projet s’intéresse plus spécifiquement à ce qui altère les traces que certains moments laissent dans notre souvenance, notamment au niveau des émotions qui y sont rattachées, des sensations et des impressions, nous poussant à un regard neuf sur certains détails oubliés ou enfouis. La photo alors présentée n’est plus la documentation d’un moment, mais une expérience personnelle plus large, empreinte des évènements qui se sont déroulés entre la prise de vue et sa diffusion.

Le projet Ces lieux sombres s’avère donc être une réflexion entre l’intimité complexe, cachée et douloureuse d’une relation homosexuelle contemporaine et une intimité similaire, vécue par d’autres femmes issues d’époques diverses et de milieux variés, au moyens d’images d’archives trouvées et modifiées. Cette combinaison mystérieuse laisse ainsi place à plusieurs interprétations différentes et sublimées.